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Internet menace l’intelligence

Un usage intensif des technologies numériques nuit à la mémoire et à notre faculté de concentration. Il rend notre vie intellectuelle plus superficielle. Une entrevue avec l’iconoclaste du Web Nicholas Carr. Vous avez décidé d’écrire l’essai Internet rend-il bête? après avoir constaté que le Net perturbait votre capacité de concentration.

par Elias Levy – 15/02/2013

Un usage intensif des technologies numériques nuit à la mémoire et à notre faculté de concentration. Il rend notre vie intellectuelle plus superficielle. Une entrevue avec l’iconoclaste du Web Nicholas Carr.

Vous avez décidé d’écrire l’essai Internet rend-il bête? après avoir constaté que le Net perturbait votre capacité de concentration.
Je suis moi-même accro du Web. Dans le cadre de mes fonctions de journaliste, j’utilise beaucoup Internet. Mais, il y a quelques années, je me suis aperçu que j’avais de plus en plus de difficulté à lire des livres ou de longs articles. Après avoir parcouru quelques paragraphes, mon esprit était complètement ailleurs. J’avais de plus en plus de mal à me concentrer sur une tâche exigeante ou à ne faire qu’une seule chose à la fois. Je ne réfléchissais plus de la même manière; j’ai eu alors l’impression que mon cerveau était en train de changer.
J’ai fini par arriver à la constatation effarante que toute lecture approfondie était devenue ardue pour moi. Mon livre Internet rend-il bête? n’est rien d’autre qu’une vaste enquête sur les transformations majeures que subit le rapport «lecture-réflexion» sous l’effet de la technologie numérique.

Peut-on vraiment se «désintoxiquer» du Net?
Cette cure de désintoxication fut pour moi une épreuve. Pendant l’écriture du livre Internet rend-il bête?, j’ai désactivé mes comptes Twitter et Facebook, cessé d’alimenter mon blogue et limité la consultation de mes courriels à deux ou trois fois par jour. Un vrai calvaire!
De temps en temps, je trichais en m’offrant une journée entière d’«orgie» sur le Net! Depuis la publication d’Internet rend-il bête?, j’utilise le Web avec beaucoup plus de modération. Je ne puis plus être joint 24 heures sur 24. Ça énerve beaucoup mes amis et mes collègues de travail, mais c’est le prix que j’ai dû payer pour retrouver une concentration fonctionnelle.

Votre acte d’accusation est lourd: «Le Net, qui nous donne bien plus de distractions que nos ancêtres n’en ont jamais eues, drogue notre cerveau, nous abrutit et décourage la réflexion en nous rendant rétifs à tout effort intellectuel.» Ces griefs ne sont-ils pas excessifs?
Je ne prétends pas qu’il soit impossible de lire ou de réfléchir en profondeur sur le Net. Mais il est indéniable qu’il n’encourage pas une attention soutenue et prolongée. Une page imprimée dans un livre ou un magazine est un bouclier contre les distractions. Au contraire, le Web, avec sa kyrielle d’hyperliens, ne cesse de distraire les internautes. Il nous incite à réaliser plusieurs tâches quasi simultanément et à consulter en quelques minutes une nuée d’informations variées. Au lieu de concentrer notre attention sur une seule chose, nous la dissipons sur plusieurs en même temps. Résultat: nous sommes enclins à nous déconcentrer et à morceler notre attention.

Donc, d’après vous, en offrant simultanément différentes formes d’information, le Net encourage l’«effleurement», le «balayage» et le «multitâche», tandis qu’il «décourage la pensée profonde»?
Le Net nous encourage à lire de manière superficielle; il n’attire notre attention que pour la disperser. Nous nous concentrons fortement sur le média lui-même, sur l’écran qui ne cesse de bouger de manière interactive, mais nous sommes distraits par les nombreux messages et les stimuli que le Net nous prodigue à une vitesse vertigineuse. Pour reprendre l’expres­sion utilisée par T.S. Eliot dans son recueil de poèmes Four Quartets, on est «distrait de la déconcentration par la déconcentration». Cela n’a toutefois rien à voir avec la diversion temporaire que nous nous imposons et qui nous rafraîchit les idées quand, par exemple, nous soupesons une décision. La cacophonie du Net court-circuite l’activité mentale, qu’elle soit consciente ou inconsciente, empêchant notre esprit de penser en profondeur ou de façon créative. Notre cerveau devient alors une simple unité de traitement de signaux, rassemblant rapidement les informations avant de les faire disparaître.
Je suis moi-même accro du Web. Dans le cadre de mes fonctions de journaliste, j’utilise beaucoup Internet. Mais, il y a quelques années, je me suis aperçu que j’avais de plus en plus de difficulté à lire des livres ou de longs articles. Après avoir parcouru quelques paragraphes, mon esprit était complètement ailleurs. J’avais de plus en plus de mal à me concentrer sur une tâche exigeante ou à ne faire qu’une seule chose à la fois. Je ne réfléchissais plus de la même manière; j’ai eu alors l’impression que mon cerveau était en train de changer.
J’ai fini par arriver à la constatation effarante que toute lecture approfondie était devenue ardue pour moi. Mon livre Internet rend-il bête? n’est rien d’autre qu’une vaste enquête sur les transformations majeures que subit le rapport «lecture-réflexion» sous l’effet de la technologie numérique.

Peut-on vraiment se «désintoxiquer» du Net?
Cette cure de désintoxication fut pour moi une épreuve. Pendant l’écriture du livre Internet rend-il bête?, j’ai désactivé mes comptes Twitter et Facebook, cessé d’alimenter mon blogue et limité la consultation de mes courriels à deux ou trois fois par jour. Un vrai calvaire!
De temps en temps, je trichais en m’offrant une journée entière d’«orgie» sur le Net! Depuis la publication d’Internet rend-il bête?, j’utilise le Web avec beaucoup plus de modération. Je ne puis plus être joint 24 heures sur 24. Ça énerve beaucoup mes amis et mes collègues de travail, mais c’est le prix que j’ai dû payer pour retrouver une concentration fonctionnelle.

Votre acte d’accusation est lourd: «Le Net, qui nous donne bien plus de distractions que nos ancêtres n’en ont jamais eues, drogue notre cerveau, nous abrutit et décourage la réflexion en nous rendant rétifs à tout effort intellectuel.» Ces griefs ne sont-ils pas excessifs?
Je ne prétends pas qu’il soit impossible de lire ou de réfléchir en profondeur sur le Net. Mais il est indéniable qu’il n’encourage pas une attention soutenue et prolongée. Une page imprimée dans un livre ou un magazine est un bouclier contre les distractions. Au contraire, le Web, avec sa kyrielle d’hyperliens, ne cesse de distraire les internautes. Il nous incite à réaliser plusieurs tâches quasi simultanément et à consulter en quelques minutes une nuée d’informations variées. Au lieu de concentrer notre attention sur une seule chose, nous la dissipons sur plusieurs en même temps. Résultat: nous sommes enclins à nous déconcentrer et à morceler notre attention.

Donc, d’après vous, en offrant simultanément différentes formes d’information, le Net encourage l’«effleurement», le «balayage» et le «multitâche», tandis qu’il «décourage la pensée profonde»?
Le Net nous encourage à lire de manière superficielle; il n’attire notre attention que pour la disperser. Nous nous concentrons fortement sur le média lui-même, sur l’écran qui ne cesse de bouger de manière interactive, mais nous sommes distraits par les nombreux messages et les stimuli que le Net nous prodigue à une vitesse vertigineuse. Pour reprendre l’expres­sion utilisée par T.S. Eliot dans son recueil de poèmes Four Quartets, on est «distrait de la déconcentration par la déconcentration». Cela n’a toutefois rien à voir avec la diversion temporaire que nous nous imposons et qui nous rafraîchit les idées quand, par exemple, nous soupesons une décision. La cacophonie du Net court-circuite l’activité mentale, qu’elle soit consciente ou inconsciente, empêchant notre esprit de penser en profondeur ou de façon créative. Notre cerveau devient alors une simple unité de traitement de signaux, rassemblant rapidement les informations avant de les faire disparaître.

Source: Québec science Mars 2013

Je pense que comme tout, Internet ni est bon ni mal, c’est la façon que l’être humain utilise les choses.

Je adore Internet (je connais des protocoles, je suis Mozillien, je suis dans Internet Society …) mais j’ai décide de ne pas utiliser microblogin (twitter ou identica) ni facebook ou diaspora parce que j’ai des problèmes pour me concentrer et tout soul j’ai appris que est bon et que n’est pas, je pense que on utilise mois la mémoire parce que on pense que les ordis et les téléphones mais c’est pas vrai.

Internet menace l’intelligence

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